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La revue d'Istyar

La revue d'Istyar

Juste un blog dans lequel je traiterai de mes deux passions: le cinéma et les séries télévisées.

Critique du film Ghost in the Shell de Rupert Sanders

Ghost in the Shell, sorti en France le 29 mars

Ghost in the Shell, sorti en France le 29 mars

Adaptation de l'animé du même nom, réalisé par Mamuro Oshii en 1995, lui même adapté du manga de Masamune Shirow, le film Ghost in the Shell est un échec au box office mondial, risquant même de ne pas être rentable pour Paramount. Cet échec est-il dû à la mauvaise qualité du film, ou bien aux réticences des fans de l'animé culte d'aller voir cette nouvelle adaptation américanisée d'une oeuvre assez complexe et peu connu du grand public ? 

Je vais être franc avec vous: je ne connaissais pas du tout Ghost in the Shell avant d'avoir vu la première bande annonce du film. J'avais juste lu le début du manga avant d'aller en salle, et après l'avoir vu, j'ai préféré attendre de voir l'animé avant de poster cette critique. Cela étant fait, je peux enfin répondre à cette question: le film de 2017 est-il une bonne adaptation de l'oeuvre de 1995 ? De mon point de vue, c'est une adaptation de qualité, qui reprend beaucoup d'éléments de l'oeuvre d'origine, tout en y ajoutant des éléments permettant de mieux connaitre les personnages, et en modifiant certaines choses, comme le scénario. L'histoire du film n'est pas vraiment la même que celle de l'animé: dans l'animé, le major Motoko Kusanagi enquête sur un cyber-terroriste, le Puppet master, ce qui la poussera à s'interroger sur les liens unissant le corps et l'âme (le Ghost, véritable fondement de tout l'univers); dans le film, le major voit son nom être américanisé en Mira Killian (c'est dingue cette habitude !), elle enquête aussi sur un cyber-terroriste, cette fois ci du nom de Hideo Kuze. On se concentre ici plus particulièrement sur les origines du major, qui restent assez mystérieuse: elle ne se souvient plus vraiment de sa vie avant de devenir un cyborg, et pense être la seule de son espèce, c'est-à-dire un cyborg qui n'a d'humain que le cerveau. L'enquête qu'elle mène tout au long du film lui apportera toutes les réponses à ses questions, et elle finira par récupérer son véritable nom (Motoko Kusanagi donc) à la fin du film. 

Ce changement de scénario entraîne plusieurs modifications dans le film: ici, plus aucune questions philosophiques à propos de l'âme, on est dans un film qui se concentre avant tout sur les personnages et sur leur existence. Cela rend le major très différent: dans l'animé, c'est une véritable statue de marbre, elle ne laisse véhiculer aucune émotion, ce qui était déjà très éloigné du personnage du manga, très souriant et très effronté. Dans le film, Scarlett Johansson incarne un personnage qui, à l'inverse des deux autres versions, fait véhiculer tout un tas d'émotions (bon, elle fait principalement la gueule, mais bon...), et qui n'hésite pas à contredire les ordres de ses supérieurs, ce qui la rend plus proche de son personnage dans le manga.

Focalisons nous sur les acteurs maintenant. Scarlett Johansson fait le job, avec son interprétation d'un personnage au final assez torturé, toujours en quête de vérité. Son interprétation colle parfaitement au scénario, et, sans être extraordinaire, elle reste très bonne.

Scarlett Johansson, un major Kusanagi torturée par les secrets de son passé...

Scarlett Johansson, un major Kusanagi torturée par les secrets de son passé...

Mention spéciale à Michael Pitt, qui joue Hideo Kuze, un cyborg assez froid, qui ne semble ressentir aucune émotion, alors que son interprétation nous fait passer, au contraire, par plusieurs émotions: peur, dégoût, puis finalement de l'empathie envers cet "enfant" qui n'a connu que des horreurs. Réussir à faire véhiculer tant d'émotions sans en afficher aucune, c'est un véritable coup de maître.

Michael Pitt, ou l'interprétation parfaite

Michael Pitt, ou l'interprétation parfaite

Personnellement, j'ai beaucoup aimé le personnage de Batou, incarné par Pilou Asbaek (Euron Greyjoy de GoT), qui semble être, à première vue, une véritable brute. C'est un personnage que j'appréciais déjà dans le manga, et j'avoue l'apprécier encore plus dans le film, où il est en réalité très attachant et sympathique, tout en restant badass !

Batou, l'homme fort au grand coeur !

Batou, l'homme fort au grand coeur !

Pour ce qui est du film en lui même, il faut bien se l'avouer, ce qui fonctionne le mieux reste les scènes reprises de l'animé (ceux qui ont vu le film et l'animé comprendrons, je ne vais pas m'étaler sur le sujet), mais le reste est tout de même de bonne qualité. Le rythme est très prenant, on ne s'ennuie pas, les combats sont magnifiques, et que dire des effets spéciaux ! Le visuel du Tokyo futuriste est vraiment impressionnant et a un excellent rendu à l'écran, et les scènes où le major se laisse tomber en chute libre sont tout bonnement bluffantes. Seul véritable bémol du film: son dernier quart (c'est d'ailleurs le défaut de la plupart des films actuels...), qui est assez confus, avec beaucoup (trop) de raccourcis scénaristiques, si bien que l'on reste sur sa faim à la fin (oui je sais, y a que moi que ça fait rire, mais je fais ce que je veux, c'est mon blog !).

En définitive, Rupert Sanders nous offre un bon film, et surtout une bonne adaptation (et ça, ce n'est pas simple, surtout lorsque l'on tente d'adapter un animé). Les fans de l'animé resterons peut être sur leur faim, car, même s'il reste assez compliqué pour quelqu'un qui n'a pas vu l'animé d'origine, il reste tout de même accessible au plus grand nombre, s'adressant ainsi à un plus large public afin de faire découvrir le manga à un nouveau public. La fin reste ouverte pour une suite, mais (hélas) cela est loin d'être fait, Ghost in the Shell subissant un véritable échec commercial...

Ma note: 16/20, un visuel et des combats impressionnants, des personnages attachants, on en redemande, alors, un conseil, regardez d'abord l'animé, puis foncez en salle, ce film vaut le détour !

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